Une sacrée date. 7 ans. 25 degrés ou plus, chaleur qui me paraît étouffante et humide en sortant de l’avion (j’ai cru que c’était à cause du moteur encore tiède, mais non, je comprendrai plus tard que c’est bien un temps d’octobre à Tokyo). Pourtant Olivier m’attend avec un parapluie. On prend un train lent. C’est long. On arrive enfin chez moi, son ancien chez lui, essentiellement pour déposer mes bagages, puis on visite rapidement mon nouveau lieu de travail, le temps de faire connaissance entre autres avec Koichiro et Jérôme et de se faire offrir un « unagi-pie » pour être « genki la nuit ». Il m’abandonnera ensuite pour un entretien d’embauche et ne reviendra qu’en milieu d’après-midi. J’en étais réduit à déjeuner tout seul au MacDo, mais l’anglais ne passe en fait pas mieux ici qu’ailleurs. Heureusement, il y a des photos sur le menu (un élément décisif dans le choix du restaurant les 6 premiers mois). Je parviens tant bien que mal à retrouver le chemin de l’Institut tout en croisant dans une ruelle quelqu’un qui me reconnaît déjà. Moi je n’avais pas encore retenu le prénom de cette employée de la médiathèque : l’oreille et la mémoire doivent d’abord s’habituer aux sonorités japonaises. On verra d’ailleurs en fin d’après-midi son chef, A., à vélo dans la pente, avec qui on dînera chinois le soir au Ramla. Un incroyable parfum régnait dans cette ruelle où habiteraient bientôt Olivier, et quelques années plus tard, Patrick, dont la rencontre surprise interviendrait dans les prochains jours, et que j’allais emprunter quotidiennement pour me rendre au travail. Beaucoup de linge accroché aux balcons : bonne et puissante odeur de lessive pensais-je ! Ce n’est que lorsqu’elle resurgira l’année suivante que j’apprendrai qu’il s’agit en fait de la période de floraison des « kinmokusei » (金木犀), dont l’envoûtante fragrance restera à jamais associée à mon arrivée au Japon…